Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 10:30

Il  n’est pas de mon propos de relater les différents épisodes de la bataille de la Marne. Rappelons seulement qu’au cours de cette bataille qui se déroula du 6 au 13 septembre, sur un front de plus de 300 km,  les armées françaises, épaulées par le corps expéditionnaire anglais, réussirent à arrêter l’avance allemande provoquant ainsi l’échec définitif du plan Schlieffen qui devait mettre la France à genoux en six semaines.

 

Mon objectif est de montrer comment cette bataille décisive fut illustrée dans les cartes postales satiriques. Comme les lecteurs de ce blog ont pu le constater, rares sont les cartes postales satiriques et de propagandes faisant référence à des épisodes précis du conflit. Seules quelques batailles comme Verdun ou Tannenberg firent l’objet d’une iconographie abondante. C’est le cas bien sûr de la bataille de la Marne.

 

J'ai essayé de classer les principaux thèmes de l'iconographie de la bataille.

 

1. Le désappointement allemand :

 

Au début du mois de septembre 1914, l’optimisme règne au sein de l’état-major allemand qui est convaincu que la défaite française est consommée. La vigueur de la contre-attaque française lancée à partir du 6 septembre par Joffre surprend complètement les Allemands. Ce thème fut largement illustré par l’iconographie française.   

 

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Marche triomphale sur Paris

Carte postale française anonyme, 1914

 

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Dans les marais de Saint-Gond : J"ai dû me tromper de route pour aller à la Kapitale !!!

Carte postale lithographiée, signée A. Payonne.

La IXe armée française commandée par Foch brisa dans les marais de Saint-Gond l'élan des troupes d'élite de l'armée allemande - en particulier, la Garde prussienne.

 

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Von Kluck : Décidément, le morceau est trop gros !!!

Carte postale française  lithographiée, signée du monogramme GL

Commandant de la Ière armée allemande en 1914, von Kluck menait l'aile marchante du dispositif allemand. Ayant outrepassé les ordres du Grand Etat-Major en franchissant la Marne, il permit à Joffre de lancer sa contre-offensive.

 

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En 19...... voyage incognito

Guillaume II : "................ Il n'y avait plus que 28 km, et on voyait la Tour Eiffel !"

Von Kluck : "Oui, mais ... Il y avait la 9e armée, et Galiéni, et Maunoury, et la Division marocaine, et les Taxis..."

Carte postale française, signée Carray.

 

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Avant et après la bataille de la marne

Cartes postales lithographiées de Hansi

Ces deux cartes font partie de la série "Têtes de Boches"

 

2. Le dîner de Paris :

 

Fin août, les journaux français firent circuler l’information comme quoi Guillaume II avait annoncé à son entourage qu’il dînerait dans  quelques jours dans un des grands hôtels de Paris. Cette déclaration, dont l’authenticité n’est pas avérée, inspira de nombreuses caricatures.

 

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Halte-là ! On ne passe pas ! A Paris le dîner n'est pas encore prêt ! Vous devez d'abord prendre l'apéritif en Belgique.

Carte postale française anonyme, 1914.

 

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Le dîner du 15 août : Il n'arrive donc pas... ! J'ai peur que le dîner brûle !

Carte postale française, 1914

 

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Le  dîner est froid ! depuis Compiègnes d'où ils l'ont commandé, ils devraient être arrivés à Paris !! Comment se fait-il qu'ils n'arrivent pas !!!

Carte postale anonyme, 1914.

 

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Le dîner de Paris ! (Dîner froid !!!)

Carte postale signée A. P. Jarry.

 

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Torture d'un autre temps (d'application récente ! ....)

Carte postale italienne signée Bertiglia.

 

3. Paris sauvé :

 

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Pas d'ordures devant ma porte

Carte postale signée Piflon


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Joffre : Par ici la sortie ...

Carte postale d'après un dessin d'Ibels publiée dans la Guerre sociale.

Joffre raccompagne l'armée allemande en retraite. Dans le fond, on aperçoit la Tour Eiffel.

 

4. Les Allemands rejetés dans la Marne :

 

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Défense de se baigner

Carte postale signée S. Vignal, 1914

 

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Le toutou : Tiens ! L'armée de terre versée dans la flotte ! ...

Carte postale signée O'Gène, 1914.

 

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La bataille de la Marne

Carte postale signée Hansi.

Dans un village d'Alsace, les enfants refont la bataille de la Marne. Les petits Alsaciens mettent en déroute les enfants allemands.

Par Pierre B. - Publié dans : Thèmes - Communauté : Passion Histoire
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 14:25
Par Pierre B. - Publié dans : Cartes récemment ajoutées - Communauté : Passion Histoire
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Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 10:53

Les Pays tchèques (Bohême, Moravie et Silésie autrichienne) avaient été marqués tout au long du XIXe siècle par un mouvement national qui avait touché l’ensemble de la société. Si les Tchèques ne remettaient pas en cause leur appartenance à l’Empire des Habsbourg, ils entendaient que leurs droits y fussent reconnus. La grande majorité des Tchèques aspiraient à obtenir un statut comparable à celui des Hongrois après le compromis de 1867 qui avaient transformé l’empire unitaire en une double monarchie.

 

Les espoirs tchèques ayant été déçus, le mouvement national s’était radicalisé au début du XXe siècle. Une part croissante de la population aspirait de manière plus ou moins confuse à l’instauration d’un Etat tchèque indépendant. Pourtant en août 1914, la mobilisation se déroula dans le calme, mais sans enthousiasme. Les soldats mobilisés partaient en chantant «  Petit foulard rouge, tourne, tourne, nous allons en Russie sans savoir pourquoi ! ». Les soldats tchèques se battirent avec peu d’empressement sur le front russe et des régiments entiers désertèrent (comme les 40e et 42e RI de Prague) ou se rendirent sans combattre. Conscients du mauvais esprit de la population, les autorités autrichiennes multiplièrent les tracasseries. De nombreux journaux furent suspendus et deux hommes politiques tchèques de premier plan, les députés Karel Kramař et Alois Rášin du Parti Jeunes Tchèques, furent arrêtés et condamnés à mort pour haute trahison (la peine ne fut cependant pas exécutée et l’empereur Charles les amnistia à son avènement en 1916).

 

Pour préparer l’avènement d’un Etat tchèque, le député Thomas Masaryk s’exila en décembre 1914 au Royaume-Uni. Il reçut l’appui de deux autres personnalités : le tchèque Eduard Beneš et le slovaque Ratislav Štefanik. Avec eux, il fonda à Paris en 1916 le « Conseil national tchéco-slovaque » dont le but était d’obtenir la création d’un Etat tchécoslovaque indépendant après la guerre. Le Conseil, pour donner du poids à ses revendications, entreprit de recruter une armée tchécoslovaque à l’étranger – les légions – avec des émigrants tchèques et slovaques mais surtout parmi les nombreux déserteurs et prisonniers de guerre. Rien qu’en Russie, ils étaient plus de 350 000.

 

Les cartes postales de ma collection concernent principalement le recrutement de volontaires pour les Légions tchèques.Au total, un peu moins d'une centaine de milliers de volontaires tchèques et slovaques combattirent sur les fronts français, italien et russe.

 

Cette série de cartes postales fut publiée en 1917 par le bureau de recrutement de l'armée tchéco-slovaque aux Etats-Unis.

 

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Armée tchécoslovaque en Russie - Pour la victoire ! En avant derrière le drapeau !

 

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Armée tchécoslovaque en Russie - Un chant au coeur, une arme à la main, protège ta patrie contre ses assassins !

 

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Qui êtes-vous combattants de Dieu ? - Armée tchécoslovaque en France.

Cette carte postale établit un parallèle entre les légionnaires et les combattants des guerrres hussites au XVe siècle.

 

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Tête haute, Sokol ! La patrie t'appelle et te demande des actes.

Le Sokol (faucon en tchèque) est une association de gymnastes qui joua un rôle important dans la formation du sentiment national à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

 

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Les coups de foudre de Dieu et les balles des héros pour punir l'injustice

Cette carte postale, dont la légende est en slovaque, fait allusion à Jánošík, sorte de Robin des Bois slovaque, qui vécut au début du XVIIIe siècle.

 

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Armée tchécoslovaque en France - Rejoins nos rang frère ! Viens défendre avec nous le renom de la Slovaquie !

Autre carte en slovaque.

 

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Le capitaine Jelinek du 22e bataillon de chasseurs - Nos héros en France

Cette carte postale a été dessinée par le célèbre peintre František Kupka (1871-1957). Installé en France depuis 1905, Kupka s'engagea dans la Légion étrangère à la déclaration de la guerre. En 1915, il devint président de l'Association des Tchèques vivant en France et déploya une énergie considérable pour convaincre ses compatriotes de s'engager dans l'armée française. le 22e bataillon de chasseurs constitué en mai 1918 était formée exclusivement de  volontaires tchèques.

 

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Qui êtes-vous combattants de Dieu ? Ce sont les saints de notre temps. Ils sont tombés pour la Liberté. En protégeant la France, ils combattent pour la Patrie.

A nouveau la référence aux guerre hussites du XVe siècle.En arrière plan, encadrés par les cathédrales de Paris et de Prague, on reconnaît Jan Hus et Jan Žižka.

 

En juillet 1918, un Comité national tchèque (formé de représentants de partis politiques, de personnalités du mondes des affaires et de dirigeants syndicaux auxquel se joignirent en septembre plusieurs représentants slovaques) se forma à Prague pour préparer l’avenir alors que le vieil Empire des Habsbourg commençait à donner les premiers signes de désagrégation. Plus que préparer l’indépendance, le but du Comité était d’empêcher le désordre. En octobre, la désintégration de l’Empire conduisit néanmoins le Comité à franchir le pas. Le matin du 28 octobre, les membres du Comité prirent possession des administrations publiques, tandis que les soldats et les agents de polices arrachaient leurs insignes autrichiens. Dans la soirée devant une foule enthousiaste, l’indépendance de la Tchécoslovaquie était proclamée sur la place Venceslas.  Un gouvernement provisoire dirigé par Karel Kramař se constitua alors que Masaryk rentré des Etats-Unis le 21 décembre prit la présidence du nouvel Etat.

 

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Manifeste en faveur de l'indépendance de la Tchécoslovquie adoptée à New York le 23 février 1918

Le texte est en slovaque. On notera le projet de drapeau tchécoslovaque qui ne fut finalement pas conservé. Ce manifeste  est sensiblement différent de la Décclaration d'indépendance rédigée par Masaryk et publiée le 18 octobre 1918 à Washington.  

 

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Faire-part annonçant le décès de la sorcière Autriche

 

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Le dernier de son genre.

Pourquoi l'aigle autrichienne a deux têtes ? Parce qu'une seule tête n'aurait pas suffi à contenir toute la bêtise autrichienne.

Autre faire-part humoristique.

Par Pierre B. - Publié dans : Thèmes - Communauté : Passion Histoire
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 21:49
Par Pierre B. - Publié dans : Cartes récemment ajoutées - Communauté : Histoire et culture franco-allemande
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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 20:07

Illustrateur, affichiste et dessinateur de mode italien. Après avoir reçu une formation à l’Ecole des arts appliqués de Florence, il travailla comme styliste et dessinateur de mode. Vers 1900, il commença à  publier des caricatures dans différents journaux satiriques italiens, en particulier, « Verde Azzuro » et « Il Teatro illustrato ». Après un séjour en Argentine et en France, il revint en Italie lors de l’éclatement de la guerre.

Durant la guerre, il publia une longue série de caricatures pour le compte du journal humoristique « La Tradotta ». Certaines de caricatures furent reproduites en cartes postales, en particulier au Royaume-Uni (comme par exemple la série « The Hun » en 1916). Il réalisa aussi des affiches pour appeler à la souscription des emprunts de guerre. 

Il est connu aussi pour les nombreuses affiches qu’il réalisa pour le régime fasciste.

 

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Le sinistre cabotin (Titre français)

Cette carte postale lithographiée publiée en 1916 par l'éditeur Pullman de Londres fait partie de la série "Les Huns"

Par Pierre B. - Publié dans : Illustrateurs - Communauté : Passion Histoire
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Ce blog a pour objet de présenter ma collection de cartes postales de propagande de la Première guerre mondiale. L'origine de ma collection remonte à 1976 quand je fis l'acquisition au marché aux puces de Genève d'un petit album d'une soixantaine de cartes postales satiriques contre le Kaiser. Depuis, je n'ai eu de cesse de développer ma collection. Durant mes études à Paris, au début des années 1980, j'eus l'occasion d'acheter plusieurs lots importants de cartes postales à l'Hôtel Drouot.

Au départ, ma collection ne comportait que des cartes françaises, mais je l'ai progressivement élargi aux autres belligérants.  Néanmoins, elle reste toujours centrée sur la France d'où proviennent environ les deux tiers des cartes que je possède.  A contrario, les cartes américaines et russes y sont peu nombreuses.

En 2010, ma collection comprend plus de 2 000 cartes postale et couvre tous les aspects du conflit. Elle comporte principalement des cartes illustrées - les photos et les chromos n'y occupant qu'une place marginale.

Le thème de la collection est la carte postale  en tant que support de la propagande de guerre. Pour cette raison, les cartes sentimentales du genre « Un poilu qui pense à vous » ou grivoises qui constituèrent une grande part de la production des années de guerre y sont presque absentes.

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