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Le blog consacré aux cartes postales de la Première guerre mondiale. Déjà plus de 900 cartes postales en ligne !!!
La cathédrale de Reims fut le symbole des destructions allemandes durant la guerre. Anatole France, dans les colonnes de La Guerre Sociale du 22 septembre 1914, écrivait ainsi : « Les barbares ont incendié, en invoquant le dieu des chrétiens, un des plus magnifiques monuments de la chrétienté. Ils se sont ainsi couverts d’une infamie immortelle, et le nom allemand est devenu exécrable à tout l’univers pensant. Qui donc, sous le ciel, peut douter maintenant qu’ils sont les barbares et que nous combattons pour l’humanité ? »
L’offensive allemande d’août 1914 obligea l’armée française à se replier. Reims fut alors déclarée ville ouverte. Cependant un violent bombardement, lié probablement à une méprise de la part de l’état-major allemand, précéda l’occupation de Reims, le 4 septembre 1914. Huit jours plus tard, dans une certaine confusion, les Allemands furent forcés d’évacuer la ville. Le 13 septembre, les troupes françaises défilèrent sous les acclamations de la population rémoise. La ville devait rester cependant pendant près de quatre ans, jusqu’en octobre 1918, sur la ligne de feu, et elle fut bombardée presque sans interruption durant toute cette période. Jusqu’à 8 000 obus purent tomber en une seule journée sur la ville martyre (7 500 obus, par exemple, dans la seule nuit de 5 au 6 avril 1917 – source : communiqué officiel du 6 avril 1917). En octobre 1918, date du repli définitif des Allemands, sur les 14 000 immeubles que comptait la ville, seule une cinquantaine étaient encore habitables.
Durant la courte période de l’occupation allemande, des préparatifs avaient été lancés pour transformer la cathédrale en hôpital de campagne pour accueillir le flot de blessés provenant de la
bataille de la Marne. Trois mille lits, fournis par la municipalité rémoise, devaient y être installés. Le 12, devant l’incapacité de trouver les lits réclamés, quinze mille bottes de paille
furent entassées contre les portes des bas-côtés et éparpillées dans la nef. Ces projets d’installation ne purent cependant aboutir car ce même jour, les troupes allemandes évacuaient la ville.
Le 16 septembre, le Grand Quartier Général français décida de rassembler 131 blessés allemands dans la cathédrale. Le 18 septembre, cinq obus au moins touchèrent directement le monument, tuant un
gendarme français et deux blessés allemands. En toute hâte, un drapeau de la Croix-Rouge fut hissé en haut de la tour nord.
Malgré cette protection, le lendemain, c'était le drame. Le 19 septembre, vers 15 heures, un obus traversait l’échafaudage de 13 étages qui ceinturait la tour nord et explosait à mi-hauteur.
L’échafaudage s’embrasa. Sous l’effet de la chaleur, la moitié de la Grande Rose éclata et des flammèches communiquèrent alors l’incendie aux lits de paille, répandus à l’intérieur de l’édifice
afin d'y accueillir les blessés. Au même instant, la toiture en chêne prit feu à son tour, et plus rien ne put dorénavant circonscrire l'incendie. Durant toute la nuit, la cathédrale acheva de se
consumer. Jusqu'en octobre 1918, la cathédrale continua à être régulièrement pilonnée par l'artillerie allemande. Au total, elle reçut 380 obus qui lui infligèrent des dégats irréparables.
Cet événement fut aussitôt annoncé par la presse, puis amplifié par la propagande. En France, la destruction de la cathédrale de Reims devint aussitôt comme nous l’avons vu le symbole de la
barbarie allemande. Elle donna plus que n’importe quel autre évènement à la guerre le caractère d’une croisade, d’un combat du Bien contre le Mal. Ce bombardement impressionna fortement aussi les
neutres. Aux Etats-Unis, c’est à partir ce moment-là, que l’opinion publique commença à se détourner de l’Allemagne.
Les autorités allemandes, comprirent vite l’effet désastreux qu’avait pu avoir ce bombardement. Elles tentèrent de se justifier en prétendant que l’armée française avait abusé du drapeau de la Croix-Rouge, en installant sur la tour nord de la cathédrale un observatoire d’artillerie. C’est dans ce contexte aussi, que fut publié en octobre un manifeste signé par les plus éminentes personnalités du monde universitaire pour récuser toutes les accusations des Alliés sur la « barbarie allemande ». Le manifeste n’évoque pas directement le bombardement de la cathédrale de Reims mais contient une phrase qui alimenta une longue polémique : « Nous refusons catégoriquement d’acheter la conservation d’une œuvre d’art au prix d’une défaite de nos armes ». [Texte allemand : "So entschieden lehnen wir es ab, die Erhaltung eines Kunstwerks mit einer deutschen Niederlage zu erkaufen."]
De très nombreuses cartes postales illustrèrent la destruction de la cathédrale de Reims. En voici une petite sélection.
Cette carte postale éditée au profit de la Croix-Rouge montre bien l'embrasement de la cathédrale le 19 sptembre 1914
On reconnaît sur cette carte le Kaiser au milieu, en haut à gauche, le général von Bülow et en bas à gauche, le Kronprinz. Je n'ai pas réussi à identifier les deux deux officiers à droite.
Carte postale de Louis Raemaekers
Cette dernière carte, publiée en Suisse, montre l'impact qu'eut l'évènement chez les neutres.
Ce blog a pour objet de présenter ma collection de cartes postales de propagande de la Première guerre mondiale. L'origine de ma collection remonte à 1976 quand je fis l'acquisition au marché aux puces de Genève d'un petit album d'une soixantaine de cartes postales satiriques contre le Kaiser. Depuis, je n'ai eu de cesse de développer ma collection. Durant mes études à Paris, au début des années 1980, j'eus l'occasion d'acheter plusieurs lots importants de cartes postales à l'Hôtel Drouot.
Au départ, ma collection ne comportait que des cartes françaises, mais je l'ai progressivement élargi aux autres belligérants. Néanmoins, elle reste toujours centrée sur la France d'où proviennent environ les deux tiers des cartes que je possède. A contrario, les cartes américaines et russes y sont peu nombreuses.
En 2010, ma collection comprend plus de 2 000 cartes postale et couvre tous les aspects du conflit. Elle comporte principalement des cartes illustrées - les photos et les chromos n'y occupant qu'une place marginale.
Le thème de la collection est la carte postale en tant que support de la propagande de guerre. Pour cette raison, les cartes sentimentales du genre « Un poilu qui pense à vous » ou grivoises qui constituèrent une grande part de la production des années de guerre y sont presque absentes.